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30 mars 1942 : fusillade dans les rues de Saint-Nazaire suite à "l’opération Chariot"

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Soldats allemands à Saint-Nazaire, durant la période de l'occupation [1940-1945] - 12Fi236 - AMSN

Deux jours après le coup de force des britanniques dans le port, les Nazairiens sont les victimes d’un regain de tension. Piqués au vif et effrayés par les derniers événements, les Allemands ouvrent le feu en ville, faisant des morts parmi les civils.

Le 28 mars, en fin de matinée, dix heures après avoir frappé la forme-entrée Joubert et débarqué ses hommes, le Campbeltown explose, emportant avec lui des centaines de soldats allemands et sans doute des curieux venus inspecter le navire abandonné. 

Le 30 mars, alors que les Allemands continuent de fouiller la ville, en particulier le quartier du Vieux Saint-Nazaire, à la recherche des britanniques en fuite, ce sont des torpilles à retardement qui  explosent à leur tour. Les Allemands que plusieurs témoins décrivent "dans un état anormal d’excitation" [1], se livrent alors des tirs en pleine rues. Des civils sont tués, d’autres blessés, pour avoir croisé des soldats allemands ou victimes de balles perdues.

Le rapport du poste de la défense passive de Penhoët donne à voir la confusion qui règne alors. Les occupants du poste prennent en charge six personnes décédées et de nombreux blessés sous le strict contrôle des Allemands. Au total 18 civils décédent suite à ces fusillades.

Dans les jours qui suivent, le maire Pierre Toscer et ses quatre adjoints sont arrêtés. Les habitants du Vieux Saint-Nazaire sont transportés jusqu'à un camp de prisonniers désaffecté près de Savenay où il resteront trois jours. Les ambulancières des Sections Sanitaires Automobiles Féminines du poste de Saint-Nazaire, qui vivent de l'intérieur ces événements, en livrent un récit précis dans un rapport détaillé rédigé en septembre 1943.

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[1] GUERIFF, Fernand. Saint-Nazaire sous l’occupation allemande : le commando-la Poche, 1945. La Baule : éditions des Paludiers, 1971, p. 76.