L'évacuation des enfants nazairiens pendant la Seconde Guerre mondiale

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Un enfant dans les ruines de Saint-Nazaire, Collection particulière / 3NUM/81 / Archives municipales de Saint-Nazaire

En mai 1942, l'inspection d'académie et la municipalité, commencent à organiser l'évacuation systématique des 3000 enfants nazairiens encore scolarisés dans la ville.

En raison de la situation particulière de Saint-Nazaire, l’inspection académique et la municipalité réfléchissent, dès 1941, à des lieux de repli pour les enfants. En mai 1941, quelques enfants sont envoyés dans des colonies scolaires situées dans le département, et en particulier dans le secteur de Châteaubriand. Mais ce n’est qu’en 1942, les bombardements s’intensifiant, que l’évacuation systématique des enfants pour une période indéterminée est organisée. Il reste environ 3000 élèves dans la ville.

Lors de son conseil du 27 mai 1942, la municipalité expose les différentes modalités d’évacuation possible qu’elle compte mettre en place :

  • les parents qui le peuvent ont déjà été invités à mettre à l’abri leurs enfants à l’extérieur de Saint-Nazaire ;
  • des départs pour la Suisse et l’Algérie sont organisés par la fondation Guynemer ou la Croix Rouge pour des enfants nazairiens ;
  • certains enfants pourront être accueillis dans d’autres écoles du département et hébergés dans des familles de la commune d’accueil ;
  • pour les enfants restants, la municipalité décide de créer des internats scolaires, au-delà de Nantes et « près des lignes de chemin de fer » afin de permettre aux familles de venir visiter les enfants. Les sites de Mauves et du Cellier sont déjà retenus pour les écoles publiques. Quant aux écoles privées, elles organisent avec l’appui du service des réfugiés et de la Ville, leurs propres internats.

 

 

La presse et les instituteurs relaient les décisions de la municipalité. Les premiers départs pour l’Algérie et la Suisse ont lieu dès le début de l’été, les internats sont
prêts en juillet. L’objectif de la municipalité est de

 faire en sorte que le problème scolaire puisse être résolu en octobre sans qu’une seule école rouvre à la rentrée à l’intérieur de [la] cité*

D’après le décompte municipal il reste moins de 1000 enfants en juillet. En novembre 1942, les intenses bombardements décident le Préfet à fermer les écoles nazairiennes.

Les élèves disséminés dans les différents internats vivent et poursuivent leur scolarité encadrés par des enseignants et du personnel spécifiquement nommé (cuisiniers, lingères, infirmières…). Si la plupart des enfants reste en contact avec leur famille, la communication est plus difficile pour ceux envoyés en Algérie, surtout après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord en novembre 1942.

Pour de nombreux enfants, la libération de la Poche permet un retour au sein des
familles.


* Conseil municipal du 1er juillet 1942