Les Britanniques à Saint-Nazaire vus par une Redonnaise

Photographie : Vue d’un bataillon d’écossais vers 1915 - Agrandir l'image, .JPG 441Ko (fenêtre modale)
Vue d’un bataillon d’écossais vers 1915 - Album “Vues du port” Chambre de commerce (1917)
Archives Municipales de Saint-Nazaire - 3Fi/1

A partir d'août 1914, 120 000 britanniques débarquent avec armes et matériel à Saint-Nazaire.

Trois ans avant l'arrivée massive des Américains, ce bref passage des britanniques (ils quittent définitivement la Ville en février 1915), suscite étonnement et enthousiasme comme le relate Noémi Dondel du Faouëdic, témoin indirect des événements.

Née en 1834 dans le Morbihan, Noémie Dondel du Faouëdic passe l’essentiel de sa vie au château de Buard à Redon. Veuve jeune, elle dispose de suffisamment de moyens pour vivre aisément et élever ses trois enfants. Femme de lettres, toute sa vie elle tient un journal, qu’elle dicte dans les dernières années. Elle publie également un certain nombre d’ouvrages.

En septembre 1914, alors qu’elle a 80 ans (elle mourra en mars 1915), c’est par son fils Bertrand et son épouse Marthe, qu’elle a vent des événements nazairiens. Marthe et Bertrand y vivent en effet avec leurs trois petites filles.

Tous deux témoignent de l’effervescence et de l’exaltation qui règnent à Saint-Nazaire. Les Britanniques, qui débarquent à partir de la fin août, occupent les hangars du port et installent plusieurs camps aux abords de la Ville. Ils impressionnent par leur nombre, leurs infrastructures mais aussi par leur enthousiasme et leur prestance. Bertrand les décrit comme étant « en général de beaux hommes, grands, forts, bien équipés, et très aimables ». L’exotisme des Ecossais rencontre un vif succès .

Madeleine de Monestrol, petite-fille de Noémi âgée 25 ans, retranscrit également les propos de sa tante Marthe. Son récit est plus nuancé et fait état de plaintes concernant « le sans-gêne » des britanniques.